Exposé à la HEAD-Genève INTIMACY EXPOSED - TOILET, BATHROOM, RESTROOM. "LES CACARES" - AN ANCESTRAL INSTITUTION

 

Conclusions:
« Les cacares » (dialect for toilet) –  an ancestral institution

These facilities are an integrate part of old houses in the swiss mountains. It is located outside, close to the stable : a wooden box, inside a blank with a whole and a cover. No heating, no light, no water. The access is protected by the large roof . This location avoids bad smells to penetrate the house and renders emptying easy.
Human pressure on nature is increasing dramatically. Every year we deplore an intensification of trafic, for cars 5 to 10 percent, for motorcycles even 10 to 15 percent. Most old farmhouses are today occupied and completely transformed by people from the town. The volumes become shells emptied of their former functionality, the new residents seek the same comfort as in town, with all their machines, for gardening and for housekeeping. A mayen as ours, conserved in its original state becomes more and more rare.
Is-it camping, a museum or just the place tu be ?

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SANS LE SOCLE
Librairie Archigraphie - Genève - 26 mars
 
26 mars 2015 à 18h présentation du livre  SANS LE SOCLE à la librairie Archigraphie, 1, place de l’Ile à Genève, livre qui réunit l’ensemble des projets APLes 2004 – 2013.
Edité par la Haute école d’art et de design – Genève sous la direction d’Ivonne Manfrini et de Jean Stern, il comporte une foule de documents et images  dont « Chantier natal ». Maternité de Genève, HUG, 2007 et  ma contribution : L’Art comme accueil et comme question.

 

FACES EN PHASE - UNE INSTALLATION

FACES EN PHASE     une installation

 

Lors de sa performance au MoMA (Museum of ModernArt) à New York en 2010, Marina Abramovic invitait des visiteurs à s’asseoir en face d’elle. Les regards échangés au musée restaient strictement relationnels et les différents documents accessibles sur le net en témoignent. Dans cette même année, lors de mon expérience photographique « SURPRENDRE LE REGARD » dont la mise en scène s’approche de la performance de Marina Abramovic, les regards échangés – ici par de vrais couples – prenaient un caractère possessionnel, les couples « entraient en phase » : les regards échangés touchaient, saisissaient, cherchaient quelqu’un. Les deux photos géantes prises au même instant de Boubs et de Céline le confirment d’une façon très claire. 

 

Le dispositif conçu pour l’EFA invite les couples à se placer face à face et à se regarder, dans le silence. Ils ne vont pas voir le regard qu’ils portent sur l’autre, par contre, ils vont découvrir la réponse du partenaire à leur propre regard. Quelle découverte !

 

« Tout vrai regard est un désir » disait Alfred de Musset.

 

« Le regard est-il une notion abstraite et poétique ou a-t-il une dimension perceptible ? L’artiste et médecin Pierre Schaefer a conçu une installation pour tenter de percevoir ce qu’il se passe vraiment quand un couple se regarde. »       (A.V. Tribune de Genève du 3 juin 3013)

 

Le livre SURPRENDRE LE REGARD de Pierre Schaefer, publié en 2013 chez Labor et Fides, peut être consulté à la Salle de l’Eau-Rouge. Son prix :   Frs.  30.-  ( 25 Euros).

 

Pierre Schaefer, ancien médecin cadre de la Maternité de Genève a organisé entre 1989 et 2012 plus de 50 expositions comme membre des affaires culturelles des HCUGe et a créé en 2003 avec sa femme Béatrice Deslarzes la Fondation Bea pour Jeunes Artistes. Aujourd’hui, il poursuit ses propres projets artistiques (dessins, photos, textes, vidéos).

 

FACES EN PHASE     eine Installation

 

Anlässlich ihrer Performance im MoMA (Museum of Moderne Art) in New York hat Marina Abramovic ihre Zuschauer eingeladen, sich ihr gegenüber hinzusetzen. Die im Museum ausgetauschten Blicke blieben aber strikte verbindlich, wobei die verschiedenen auf dem Net zugänglichen Dokumente dies klar beweisen. Im gleichen Jahr, anlässlich meinem photographischen Experiment « SURPRENDRE LE REGARD », dessen Inszenierung der Performance von Marina Abramovic sehr nahe kommt, hatten die ausgetauschten Blicke – hier handelte es sich um wirklichen Paare – einen besitzergreifenden Ausdruck : die ausgetauschten Blicke berührten, erfassten, suchten jemanden. Die beiden gross ausgedruckten Photographien von Boubs und Céline bezeugen dies sehr klar.

 

Die für EFA konstruierte Einrichtung lädt die Paare ein, sich einander gegenüber hinzusetzen und sich anzuschauen, in aller Stille. Sie werden die Blicke, die sie auf ihr Gegenüber werfen, nicht sehen, aber sie  werden die Antwort ihres Partners auf ihren eigenen Blick entdecken. Und welche Entdeckung !

 

« Jeder wahre Blick ist eine Begierde » sagte Alfred de Musset.

 

« Ist der ausgetauschte Blick ein abstrakter oder ein poetischer Begriff oder hat er eine fühlbare Dimension ? Der Künstler und Arzt Peter Schäfer hat eine Installation konzeptiert, um herauszufinden, was wirklich passiert, wenn ein Paar sich mit Liebe anschaut. »          (A.V. Tribune de Genève, 3 juin 2013)

 

Das Buch SURPRENDRE LE REGARD von Peter Schaefer, publiziert bei Labor und Fides im Jahr 2013 liegt für die Besucher im Saal Eau-Rouge auf. Sein Preis :  Frs.  30.- ( 25 Euros)

 

Peter Schaefer, ehemaliger Leitender Arzt an der Maternité von Genf hat zwischen 1989 und 2012 mehr als 50 Ausstellungen von zeitgenössischer Kunst organisiert in Verbindung mit der Kunstkommission des Spitals. Im Jahr 2003 hat mit seiner Frau Béatrice Deslarzes die Stiftung BEA für Junge Künstler gegründet. Heute verfolgt er seine eigenen künstlerischen Projekte.

 

 

LES ARBRES DU SALEVE RACONTENT LEURS HISTOIRES

 

Publié en 2014 à compte d’auteur                                

avec le soutien de la Banque

Raiffeisen du Salève.                                               

(132 pages, format 20 sur 20 cm)

Tirage  1500 exemplaires

Prix  Frs  30.-

Disponible chez l'auteur > contact

 

 

Ce livre témoigne de l’amour qui lie les Genevois à cette montagne. Nous avons tous nos coins cachés là-haut qui font partie de « notre histoire » et certains trouvent une suite dans ce petit ouvrage de 29 contes.

Ce deuxième livre, publié à compte d’auteur, a reçu un soutien financier de la Banque Raiffeisen du Salève. La Banque l’a distribué à ses associés lors de l’Assemblée générale 2014 et j’avais l’honneur de le présenter lors de cette même Assemblée et de le dédicacer plus d’une centaine de fois à cette occasion.

 

En 1973, je prenais mes quartiers à Veyrier pour deux ans, au pied du Salève. Vivre à l’autre bout de la Suisse, éloigné de la rigueur suisse allemande me permettait de découvrir un tout nouvel état d’esprit. Au même temps, je retrouvais la montagne. Au Salève, les frontières affectives et  politiques se confondent ! À y aller, au début souvent à pas de course, me redonnait cette bouffée de liberté qui me manquait depuis que j’avais quitté les montagnes d’Appenzell. Après quatre déménagements, Béatrice et moi sommes revenus à Veyrier en 1997 et le Salève est définitivement devenu notre « Hausberg » comme c’est le cas pour beaucoup de Genevois.

 

SURPRENDRE LE REGARD

                                                                                            

Publié en 2013 par les éditions                         

Labor et Fides, avec des textes de

Willy Pasini, de Véronique Mauron,             

de Francesco Bianchi-Demicheli et

de l’auteur. 

(216 pages, format 22 sur 22 cm)

Tirage 800 exemplaires Prix  Frs  38.-

Disponible chez l'auteur > contact

 

 

La photographie peut-elle rendre visible le regard échangé ? Des couples, assis face à face, sont photographiés par deux appareils photographiques déclenchés simultanément et à distance, en quête des vrais regards échangés. Des expériences sur les comportements menées en imagerie cérébrale fonctionnelle montrent que l’attirance envers une personne augmente l’activité cérébrale dans une région du cerveau impliquée dans les mécanismes de récompense lorsque cette personne entre en contact visuel avec une personne désirée.

Les regards échangés ne sont plus simplement d’une qualité relationnelle, mais prennent une dimension possessionnelle : ces regards touchent, saisissent ou cherchent quelque chose, quelqu’un. J’ai photographié 10 couples âgés de 30 à plus de 90 ans et jamais leurs regards n’ont perdu cette qualité, sauf au moment quand un des partenaire portait un masque.

 
 

Alfred de Musset disait : »Tout vrai regard est un désir ! »

 

L’idée du livre respectivement son concept a eu son origine dans mon désir de pouvoir observer au même moment les deux regards échangés du couple qui était assis en face de moi. Une frontière jusqu’à cette date infranchissable !

Cette exploration du secret partagé par le couple atteste que le regard n’est pas une simple notion abstraite et poétique, mais qu’il a une vraie dimension perceptible qui est un des mystères partagés par le « vrai couple ». Des travaux appuyés par les images de l’IRMf confirment aujourd’hui cette thèse.

 

EXISTER, une installation au FUTUR ANTERIEUR

 

EXISTER, ce n’est pas simplement vivre. Exister, c’est être en s’étonnant d’être et de devoir ne plus être un jour. On nous apprenait que sans cette angoisse, nous ne serions que des animaux qui vivent et périssent, nous ne chercherions pas à faire de notre vie un destin qui se sait mortel ; nous ne chercherions pas à exister, à donner du sens à notre existence. (M. Heidegger)

L’homme n’attribue pas à l’animal la responsabilité d’exister ni d’être concerné par lui-même dans une projection vers le futur. L’animal n’a pas à assurer le projet d’être. La vie accomplit en lui ses opérations de manière inconsciente et involontaire. Les animaux vivent, l’homme existe.

 

Cependant, notre compréhension du monde animal évolue de jour en jour.  Grâce aux nouvelles approches de la recherche, la dichotomie NATURE / CULTURE apparaît de plus en plus artificielle. Nous découvrons chez l’animal de nos propres traits ; il n’est plus perçu comme le contraire de l’homme, comme un être régi par son instinct, dépourvu de toute réflexion.

Notre regard sur la nature et les animaux s’est modifié.

 

Avec cette ultime exposition reçue au FUTUR ANTERIEUR il me paraît important de réfléchir à notre environnement. L’être humain ne s’obstine-t-il à agresser et même à détruire la nature, ici comme partout dans le monde ?

« Comment a-t-on pu dire que l’homme est un animal raisonnable ? Il est tout ce qu’on veut, sauf raisonnable ! » (Oscar Wilde)

 

Än rechte Ma muess i d’Hose iewachse, installation

 

Au sein de cette dualité complémentaire, Pierre Schaefer intervient avec un geste créatif en installant dans l’espace une curieuse sculpture : un tronc d’arbre en pantalon d’écorce, la tête cachée dans une boîte, les jambes en l’air. Accompagné de la citation de Günter Grass : « Un homme est un lieu de fâcheuse souffrance… un jouet de fortune… un théâtre d’angoisse et de désespérance. » À méditer.

 

                                                                              Anne-Laure Oberson

 

On ne naît pas homme, on le devient.

 

Elisabeth Badinter

 

 

LE CORPS ABSENT, exposition personnelle

 

 

Le modèle pose ; il propose son corps à mes regards, en me laissant l’impression de ne pas me voir, moi qui m’efforce de saisir ses contours, avec les rondeurs et les ombres créées par les tensions musculaires.

Bien souvent, ce corps si présent a résisté à mes efforts de dessinateur et, non content de ma transcription, j’ai préféré le sacrifier, pour n’en conserver que la tête, dont le regard laisse souvent soupçonner que les pensées se baladent bien ailleurs.

 

Ainsi, cette série de quelques dizaines de têtes et de visages s’est constituée.

 

LE PRINCE CHARMANT, vidéo

 

Le PRINCE CHARMANT est l’homme paré de toutes les qualités, dont rêvent toutes les femmes. Autrement dit : c’est, avant tout, un perturbateur inlassable de notre société

 

Le PRINCE CHARMANT est l’homme idéal que recherche la femme (et qu’elle n’arrête pas de rechercher).

 

 

 

Avec le concours de : 

Musée Tinguely, Bâle

Antoine Zgraggen, sculpteur

Franck Schneider, vidéaste

 

VIOLENTLY BEAUTIFUL

 

Une exposition virtuelle pour le 4ème étage du MAMCO, qui réunit 3 peintres représentés chacun par une seule peinture : Francisco Goya, Francis Bacon et Marlène Dumas.

Travail effectué à l’ECAV  sous la direction de Stefan Banz.

 

On pourrait reprocher à ma proposition d’exposition de ne présenter qu’un seul tableau de chaque artiste, et, même, dénoncer une intention de vouloir manipuler le public. Mais pouvoir se concentrer dans un musée sur une seule œuvre est, selon mon avis, un sacré privilège !

 

Aujourd’hui, nous faisons partie d’une civilisation qui baigne dans l’abondance et qui est continuellement en quête du « tout, tout de suite » , car nous croyons devoir combler notre égoïsme à chaque instant et éviter au même temps toute frustration éventuelle. Le temps d’arrêt proposé permet au visiteur d’entrer en résonance avec l’œuvre, sans le risque d’effacer, dans une sorte de frénésie ou d’avidité perpétuelle, les impressions qui le saisissent sous forme d’une émotion profonde, et, espérons-le, durable. La présence simultanée de ces trois peintures a la mission de renforcer, par l’étonnante parenté entre les trois artistes choisis, la vibration déjà individuellement créée par chacune des œuvres.         

 

Autant que ce sont trois mondes très différents, représentant des souffrances individuelles, ils s’unissent ici en un cri commun d’une beauté violente.        

 

 

Francisco Goya           1746 – 1828            Saturno devorano a su hijo

Francis Bacon             1909 – 1992            Two Figures  

Marlène Dumas          1953 –                     The Painter    

   

 

 

LE FUTUR ANTERIEUR (2007 – 2012)

 

Au printemps 2007, on inaugurait l’ancien site de stockage des sources radioactives comme un lieu d’art contemporain par la plantation d’un champ de tournesols sur son toit – un manifeste pour le développement durable et un monde meilleur.

Depuis, l’ombre du futur plane plus que jamais sur l’avenir de l’homme. La fuite en avant avec le slogan néo-libéral « Produire plus et à moindre coût » et le revirement destructeur en matière de développement durable menacent notre terre. Jusqu’à quand, notre environnement va-t-il supporter toutes ces agressions successives orchestrées par une poignée de riches irresponsables ?

La question EXISTER / VIVRE - QUEL FUTUR ? nous concerne tous.

 

HIER, AUJOURD'HUI, DEMAIN

Il s'agit de l'installation d'un miroir dans un des angles du couloir provisoire reliant l'entrée de la nouvelle Maternité au bâtiment de l'ancienne Maternité. 4 objets, matériellement très modestes, consistent en un miroir et 3 écriteaux. Tout passant est concerné par le passage de HIER à DEMAIN, et par l'image que le miroir lui renvoie de son état physique actuel; le mot "AUJOURD'HUI" trouve ainsi toute sa signification. L'installation est construite sur une symétrie, rendant possible la même réflexion en quittant la Maternité.

 

LE  CRI

 

Le métier de gynécologue m’a offert pendant les nombreuses années passées à la Maternité de Genève un regard très varié et riche sur la femme et la féminité, mais – je le constate aujourd’hui – sans jamais avoir pu ni voulu entrer dans leur intimité secrète. J’arrête bientôt  mon activité de sénologue-oncologue, et ce sera l’occasion de trouver un champs d’activité tournée plus vers l’homme, rencontre qui restait quasiment inexistant dans l’exercice de ma profession.

 

Aujourd’hui, j’éprouve une sorte de nécessité d’opposer  aux réflexions sur  la féminité un regard sur la masculinité. Notre société a d’ailleurs un besoin urgent de réfléchir à la position de l’homme dans une structure sociale  en mouvement où la femme a parfaitement su définir son rôle, ses ambitions et ses valeurs. Il est temps que  nous, les hommes, nous nous définissions par rapport à l’évolution des esprits et que nous nous positionnions d’une façon claire, et surtout positive, face au rôle que nous voulons nous attribuer et défendre, pas nécessairement face à la femme, mais face à la société entière et, surtout, face à nous-mêmes.

 

Pour entrer dans mon projet actuel : «  donner une description visuelle aux désirs profonds de l’homme concernant son rôle dans cette société où la femme avance imperturbablement vers son propre épanouissement , toujours dans l’attente impatiente d’une réaction de l’homme » , j’avais  besoin d’ un groupe d’hommes pour créer une image forte et , en même temps, déroutante, mais constructive de cette recherche d’identité de cet homme , appelé quelque fois

« homme nouveau ».

 

J’ai ainsi abordé le thème de la masculinité par la création d’une vidéo d’une courte durée (environ l minute) qui met en scène une douzaine d’hommes. Au début, ceux-ci tournent lentement sur leur axe ; on voit leur tête et leur cou et une partie des épaules. L’un après l’autre s’arrêtent brusquement et ils poussent un long cri ; sur le tableau final tous les hommes crient, et la vidéo recommence au début.

 

La rotation lente exprime le ronron des mâles, ronron qui dure depuis des dizaines d’années ; le cri aigu accompagne ce réveil brusque de l’homme et peut exprimer tant un cri de détresse ou d’appel, tant un cri de soulagement  qui se renforce au fur et à mesure par l’effet de groupe. Ce même cri pourrait aussi être compris comme une manifestation «  ça suffit ! ».

 

Le tournage a eu lieu au mois d’avril en 2007 et j’ai montré le résultat tout d’abord aux 12 participants qui, tous, ont apprécié le résultat, en acceptant définitivement la diffusion du clip.

La projection d’une durée d’une minute a généré une vive et longue discussion lors de la présentation au colloque « La Maternité de Genève et l’identité masculine » du 8 décembre 2007. La même réaction a déjà été observé au 4ème Festival ONE MINUTE FILM ET VIDEO à Aarau en août 2007 lors de la présentation au « Filmemacherbrunch » ; les réactions étaient à chaque fois vives, mais dans la majorité des cas plutôt positives.

 
 

LE CHOIX FATAL

 

Installation présentée dans le cadre du MAPS à l’Arsenic en mai 2007 : DEVENIR ANIMAL

 

« Les devenir-animaux ne sont pas des rêves ni des fantasmes. Ils sont parfaitement réels. Mais de quelle réalité s’agit-il ? Car devenir animal ne consiste pas à faire l’animal ou à l’imiter, il est évident aussi que l’homme ne devient pas « réellement » animal, pas plus que l’animal ne devient « réellement » autre chose. Le devenir ne produit pas autre chose que lui-même. C’est une fausse alternative qui nous fait dire : ou bien l’on imite, ou bien on est. Ce qui est réel, c’est le devenir lui-même, le bloc de devenir , et non pas des termes supposés fixes dans lesquels passerait celui qui devient. » Gilles Deleuze + Félix Guattari, Mille plateaux.

 

 

 

Texte de Zilla :

 

LE CHOIX FATAL

 

Zilla vient d’aménager, il y a déjà quelque temps, la maison de sa vielle tante, décédée. Durant des longues périodes, elle y vit seule, son homme étant souvent absent.

Une particularité de la maison est son sous-sol, un lieu abandonné et poussiéreux, et, de plus, investi par d’innombrables souris. Zilla prend un plaisir fou à les attraper. Ainsi, elle passe des heures à la cave, habillée d’une veste en laine bien chaude avec des grandes poches, veste héritée de sa tante, et, dans l’attente de piéger une souris elle s’adonne à ses vices, l’alcool et la cigarette.

Le choix fatal de Zilla (la femme) est de fumer et de boire dans cette cave sombre et humide et elle risque d’en mourir.

Le choix fatal  de Zilla (la souris) est de préférer le fromage présenté sur la trappe  au risque de se faire briser la nuque.

Le choix fatal des 2 Zilla est de ne pas vouloir croquer la pomme : pour Zilla (la femme) en choisissant la pomme elle échapperait à la mort à petit feu car elle devrait quitter ce lieu avec son homme comme jadis Adam et Eve ; pour Zilla (la souris) choisir la pomme lui aurait tout simplement sauvé la vie. Ainsi le jeu mortel aurait pu s’arrêter pour Zilla (la femme) et pour Zilla (la lsouris).

Cette histoire morbide s’est terminée peu de temps après d’une façon inattendue : Zilla (la femme) a rejoint un autre homme et la maison s’est vendue rapidement.

 

                                                                                         Genève, février 2007

 

MANIFESTE POUR LA MONTAGNE

 

Ce manifeste pour la montagne doit rappeler à chacun qu’ensemble nous faisons partie d’un merveilleux paysage dont nous partageons la responsabilité de la conserver et de le faire respecter.

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LE REGARD LIBERE

LE REGARD LIBERE : DE LA SALLE D’OPERATION A LA SALLE D’ACADEMIE

 

 

L’automne 1991 était pour moi le retour, enfin, à une activité artistique régulière. Pourquoi ce choix du dessin de figure, dit académique ? Mon métier de gynécologue ne permettait-il pas satisfaire le regard sur le corps humain ? Ce rapport avec la maladie devenait-il à la longue trop lourd, pour finir dans la lassitude jusqu’à éprouver une répulsion face à cette continuelle quête du pathologique ?

 

C’était une profonde envie qui me poussait de frapper à la porte de l’académie. Les écoles d’art de Genève offraient déjà depuis des années des cours libres au public tout-venant, supervisés par les maîtres de dessin des branches des arts appliqués. Les premiers traits -  je me rappelle comme si c’était hier –  se sont avérés difficiles ; je n’osais pas poser mon regard sur le modèle sans être gêné.  Ce nouvel environnement me rappelait les premiers contacts avec la salle de dissection en anatomie lors de mes études, un lieu chargé de pudeur et d’une étrange retenue qui empêchait au début tout geste libre du scalpel, mais aujourd’hui il s’agissait du crayon. Je dois avouer, c’était une curieuse sensation pour quelqu’un qui aimait depuis toujours expliquer, étayé par des dessins, ses constatations et propositions thérapeutiques à ses patientes.

 

Ce saut du milieu de la médecine aux Beaux Arts me donnait des ailes. Les heures passées dans cette belle salle sous le toit près de la gare, avec son immense miroir dressé derrière le modèle, avaient une saveur de fête. Fête car tout instant ressemblait à une célébration de la beauté, qui, hélas, ne se traduisait pas nécessairement sur nos feuilles, élèves de tout âge, tous concentrés pour se surpasser. Mais quel bonheur quand le résultat s’approchait de nos aspirations et, surtout, quand le prof lui trouvait des mots d’encouragement.

 

Depuis quelques années, le métier de médecin évoluait vers une spécialisation de plus en plus pointue. Le regard global sur le corps du patient, son rythme ou sa démarche, n’était plus d’actualité. On nous demandait de nous occuper sans tarder du problème aigu, c’est-à-dire du mobile de la consultation, et de ne pas perdre du temps ! Ainsi, le sein malade d’une consultante se réduisait à un objet qu’il fallait examiner au plus vite avec des  machines ; les yeux et les mains n’avaient de moins en moins raison de s’attarder sur l’organe malade.

 

Quel bonheur de pouvoir, enfin, étudier la norme et apprécier un corps sain dans son entier, les yeux grand ouverts ! Et les modèles « hommes » sont-ils plus difficile à saisir ? Je dirais que oui, car ils sont moins nombreux dans les salles d’académie. Mais indépendamment du sexe du modèle, avant d’entamer le dessin il faut surtout « regarder », évaluer le rythme du corps, sentir l’ambiance. Me viens à l’esprit la comparaison avec un slalomeur : il étudie, en remontant la pente, le parcours à travers des piquets pour se concentrer sur le passage à choisir. Idem pour celui qui veut saisir son modèle ; il doit agir comme le compétiteur et poursuivre la seule idée, que le modèle doit prendre forme sur la feuille. J’avais dès le début pris l’habitude de travailler sur le format 50/70 avec du pastel gras, toujours en traits rapides et appuyés et sans faire des retouches par la suite.

 

Il m’arrivait de rentrer le soir déçu. Déçu, malgré un modèle parfait et très inventif dans ses poses, rien n’avait marché, il ne me restait qu’à me mettre seul en cause. Je n’arrivais pas à saisir le rythme du corps du nouveau modèle ; le moral à zéro, je songeais à jeter les ustensiles aux orties. Heureusement, je connaissais cet état d’âme, cette frustration qui nous décourage devant un échec relatif et momentané. Alors, pas de raison d’abandonner !

 

Une semaine plus tard, deux ou trois dessins bien réussis trouvaient  l’admiration des nouveaux élèves. « Vous exposez ? » demandaient-ils. Cette remarque me faisait réfléchir. Malgré le fait que plusieurs de mes dessins décorent les cabinets de gynécologues, et que toute une série de mes nues s’éternise dans l’escalier interne de la Fondation genevois pour le dépistage du cancer du sein et dans les locaux de l’Unité de sénologie à la Maternité de Genève, je n’ai jamais aspiré à montrer ce travail dans une vraie galerie.

 

L’art contemporain ne s’identifie plus avec la tradition représentée par l’apprentissage du dessin de figure ; aujourd’hui, les écoles d’art sacrifient  même leurs belles salles de dessin pour y recevoir des activités comme le stylisme ou le design. Faudrait-il alors dénicher une galerie qui offre à sa clientèle encore ce style d’art classique, dont les représentants les plus illustres sont Egon Schiele ou Hans Bellmer ? Il n’est pas question de me comparer avec ces grands artistes, mais qui peut s’acheter aujourd’hui une œuvre de Martin Kippenberger ou de Cindy Sherman, parce qu’il aime l’art contemporain ? Et je me suis dit, courage, tu vas trouver ta galerie et avec elle les amateurs qui auront du plaisir à s’approcher de ton art, même si on l’appelle « mineur » et surtout pas « contemporain ».

 

P.Schaefer, août 2014