Distribuer ou Thésauriser ?

La frontière dans le sens du mot anglais « frontier » peut se définir comme un espace d’une étendue variable, séparant ou joignant deux territoires et qui représente une place commune, un lieu d’échange. Peut-on voir le mécénat sous cet angle ?

La réponse est clairement affirmative : le mécénat est un vaste terrain où se rencontrent, dans le cas de la Fondation Bea pour Jeunes Artistes, des jeunes artistes en quête d’écoute et de moyens financiers pour progresser dans leur métier et des personnes qui acceptent de partager et de les aider pour recevoir en retour la conviction d’avoir accompli un geste utile et surtout bienvenu. Cet espace de rencontre doit absolument s’élargir et mieux s’organiser pour gagner encore en efficacité. Cette voie de soutien à la culture mérite une meilleure visibilité et même un encouragement de la part du secteur public.

 

Notre couple a créé la Fondation Bea pour Jeunes Artistes en 2003. Nous sommes un couple sans enfants et de ce fait nous avions accumulé certaines réserves. Offrir ces sommes d’argent à des jeunes allait presque de soi, dans notre cas à des jeunes artistes, C’est en tout cas notre vision. Rapidement on s’est aperçu qu’il nous fallait absolument une structure pour apporter notre aide, car offrir de l’argent à un artiste de main en main avait un aspect gênant, comme si on voulait l’acheter. Deux possibilités se sont offert, passer par une association ou une fondation. Nous avons alors choisi la deuxième solution. 

 

Créer une petite fondation peut ressembler à une gageure face aux grandes et puissantes fondations actives en Suisse romande. Par la modeste taille de notre fondation, nous avons l’avantage d’être très proche de nos jeunes artistes qui se recrutent dans les domaines des musiques actuelles, des nouveaux médias et des arts visuels.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre sélection n’obéit pas nécessairement aux critères officiels prônés par les grandes institutions et leurs jurys, ce qui nous permet d’apporter notre aide aux jeunes artistes quand ils rencontrent des difficultés pour financer un projet artistique ou parce qu’ils ne sont pas jugés éligibles par d’autres institutions pour être soutenu à cause d’un CV encore peu étoffé. Cette liberté dans l’octroi de nos subsides contribue forcément à une plus grande diversité culturelle.

 

Des personnes extérieures à la fondation peuvent l’aider, soit sous forme d’un don, soit en mettant la Fondation en relation avec des partenaires poursuivant les mêmes buts ; ils pourraient ainsi concrétiser leur projet à travers notre fondation et lui apporter, en même temps, un soutien financier, pour le mécène déductible des impôts. 

Nous avons formulé cet appel, il y a déjà plusieurs années, avec un seul succès à la clé. Je ne comprends pas pourquoi si peu de personne sont intéressées par cette démarche. Nos confrères médecins, par exemple, pourraient bien profiter de notre offre pour saisir l’occasion de vivre la culture artistique de l’intérieur en nouant une relation avec un jeune artiste. Mais il semble qu’ils préfèrent d’aller au supermarché de l’art pour acheter une œuvre, peut-être en espérant qu’elle prendra de la valeur. Quelle autre satisfaction si on peut accompagner un jeune talent dans son processus créatif et observer comment le projet prend forme !

 

« Vivre et participer aux activités de sa propre fondation est certainement plus intéressant que de placer sa fortune privée en actions cotées en bourse puis suivre frénétiquement les fluctuations ! » Ou comme Béatrice, ma femme, l’aime formuler, « de participer à des croisières gériatriques ». Agir aujourd’hui et ne pas attendre notre disparition reste notre devise.

 

« Donner pour être plus riche » se confirme lors de chaque nouvelle action, certes, à des degrés variables. N’oublions pas, que beaucoup de jeunes artistes ont absolument besoin d’aide, surtout lorsqu’ils quittent l’école d’art, afin de pouvoir progresser et à ne pas sombrer dans une passivité fatale. Le mécène, de son côté veut vivre son soutien dans un esprit positif et encourageant. Notre liste d’expériences réussies et partagées dans le bonheur avec les jeunes artistes est aujourd’hui longue et, espérons-le, va encore se rallonger.

 

Pour obtenir d’avantage d’information sur l’activité de la Fondation Bea pour Jeunes Artistes, je vous invite à consulter son site tenu régulièrement à jour:

 

www.fondationbea.com 

 

Ferme Asile, Tremplin 3 du 30 août 2014: les 2 fondateurs avec tous les musiciens