MON RÖSTIGRABEN

Du Welschland, ma mère m’en a souvent parlé.

Mon père seulement quand il avait bu,

Mais le pourquoi, je n’ai jamais su.

 

Du Welschland, des camarades m’en ont parlé.

L’Uni de Lausanne était leur meilleur choix,

Finalement pourquoi pas aussi pour moi.

 

Lausanne, une ville trop pleine de jolies filles,

Car les études ne laissaient que peu de place

Et mon français était l’autre impasse.

 

Quelle supplice, ces examens et leurs notes,

Mon pote Philippe était mon unique bouée

Pour, après toutes ces peines ne pas échouer.

 

J’ai pris la fuite pour la Ville de Berne,

Le Rideau de Rösti dans l’autre sens,

Sans trouver là-bas une vraie récompense.

 

Il faut du courage pour changer de cap

Et franchir le Röstigraben une deuxième fois,

Dès le lendemain, je me demandais pourquoi.

 

Il me fallait trouver une Valaisanne

Pour me sentir enfin à l’aise

Malgré la langue, bien assis sur ma chaise.

 

Aujourd’hui, je me sens bien plus Romand,

Mais toujours un peu « sur la frontière »

Dans une Suisse, qui se veut sans barrière.